La chronique du Dr Stone

Un diplôme prestigieux, un salaire liliputien, un entrepreneur de mari, un polichinelle dans le tiroir et la langue bien pendue...

13 août 2007

SOYONS SERIEUX POUR UNE FOIS(ou la minute culturelle du Dr Stone)

         The_Arnolfini_Portrait

Madame Stone-Président est en vacances, elle vous confie aux bons soins du Docteur. Laissez moi vous présenter une oeuvre, le célèbre Portrait des époux Arnolfni de Jan Van Eyck (Londres, National Gallery, huile sur bois, 81,9 X 59,9 cm.)

            Figure emblématique de la Renaissance flamande, Jan van Eyck (1390-1441) a perfectionné la technique de la peinture à l’huile en accord avec une nouvelle vision du monde.          

           Ce tableau emprunt de mystère est à la fois un double portrait et un certificat de mariage. Un riche marchand de Bruges et son épouse sont debout dans un intérieur flamand, face à la porte de leur chambre. Sur le mur du fond, un miroir convexe reflète l’ensemble de la pièce : on y voit le couple faisant face à deux hommes se tenant sur le seuil. C’est à ces deux personnages énigmatiques que s’adressent les gestes de l’époux levant la main droite en signe de serment et tenant sa femme de la main gauche. Jusqu’au concile de Trente en 1563, la présence d’un prêtre n’était pas nécessaire pour la célébration d’un mariage et la représentation d’un sacrement explique cette atmosphère solennelle.

          Cette scène, dans laquelle chaque objet a un sens symbolique, a fait couler beaucoup d’encre. En raison du ventre proéminant de la femme et des mains jointes au centre du tableau, on a voulu y voir un chiromancien lisant l’avenir de l’enfant qu’elle porte à une future mère. On a également parlé de Van Eyck et de son épouse Marguerite. Depuis le XVIe siècle, on parle pourtant d’un portrait « d’Hernoul le Fin avec sa femme ». Ceci laisse supposer qu’une inscription sur la bordure était alors lisible et faisait référence à ces marchands fortunés originaires de Lucques et installés à Bruges. Les époux ont été identifiés comme Giovanna Cenami et Giovanni Arnolfini dont Van Eyck a également fait un portrait isolé. Tous deux appartenaient à une puissante famille ainsi que le montrent leurs vêtements raffinés. Toutefois, il pourrait s’agir du frère de Giovanni, Michele qui s’est uni avec Elisabeth, une femme de condition sociale différente. Le geste des mains prendrait alors un tout autre sens, il désignerait un mariage de la main gauche, ou morganatique, impliquant le renoncement aux droits de succession.

LE MIROIR CONVEXE : Il montre l’envers du décor. Van Eyck connaissait son aptitude à miniaturiser l’espace à condition de rectifier les déformations. Sans appliquer les lois de la perspective, il a su rendre l’intérieur de la chambre de façon convaincante. Le cadre est orné de dix scènes de la Passion du Christ.img_lawo_arnolfini2

LA SIGNATURE DU PEINTRE : Au-dessus du miroir, on peut lire « Johannes de Eyck fuit hic 1434 », Jean van Eyck fut ici et non fecit, l’a fait, comme dans ses autres œuvres. Avec cette signature admirablement calligraphiée, il apparaît donc avant tout comme le témoin de cette union.

LE CIERGE ALLUME : Sur le lustre de cuivre brûle un seul cierge, pourtant inutile dans cette scène diurne. Symbole du Christ qui voit tout, il était requis pour les prestations de serment et en particulier pour les mariages.

LES AUTRES SYMBOLES : Les oranges sur le bord de la fenêtre renvoient à l’innocence de l’Homme avant la Chute et le chien à la fidélité conjugale. Sainte Marguerite, sculptée sur la chaise placée près du lit est la patronne des futures mères. Les sandales abandonnées soulignent la solennité du moment.

LA PARODIE DE BOTERO : Sous le pinceau du peintre colombien, les traits émaciés de l’homme et la délicatesse de la femme ont cédé la place à un couple aux formes boursouflées. Le chien a disparu au profit d’un chat, symbole beaucoup plus trouble. Botero

Posté par Dr Stone à 09:39 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

J'achète le lot numéro 2 de Botero pour l'offrir à un ami qui aime bien les gros nichons. Combien même on ne les voit pas bien sur cette toile, mais tous les futurs papas sont très heureux de jouer avec les lolos de leurs épouses engrossées par leur soin. C'est le Président qui doit être content en ce moment :o)

Posté par MarcelD, 13 août 2007 à 14:10

Je l'ai vu plusieurs fois ce tableau a la National Gallery (j'y passe de temps en temps bien que je prefer la Portrait Gallery attenante), avec "Les Ambassadeurs", d'Holbein qui a un effet special dans le tableau et une signification politique et philosophique tres marquee.

J'aime aussi beaucoup le symbole de 'orange, j'avais oublie le sens de cette allegorie. Merci de nous faire profiter de ta culture. C'est tres agreable, ma cherie!

Et pour repondre a Marcel, tu n'as pas vu les photos, il faut maintenant qu'elle s'en coince un sous chaque bras quand elle veut relacer ses chaussures (comment ca tu n'as pas de chaussures a lacets? Bon ben quand tu veux mettre tes bottes alors...)

Fab et Marcel ou comment pulveriser un grand moment de culture... en plus si le president me lit il va me lacerer!

Posté par Fab, 13 août 2007 à 18:27

Tout en finesse, messieurs !

donnez vous du mal pour écrire un truc sérieux et on ne vous parle que vos supposés gros lolos !
Le ^Président préfère mon gros cerveau !

Posté par Dr Stone, 21 août 2007 à 09:13

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