La chronique du Dr Stone

Un diplôme prestigieux, un salaire liliputien, un entrepreneur de mari, un polichinelle dans le tiroir et la langue bien pendue...

09 août 2007

LA BELLE DOCHE (ou le rejeton du Président)

Cela va devenir une habitude, je reprends à Michel le musicien (voir son blog listé ci contre, Ecoutez voir) ces réflexions sur mon statut de belle mère (qui mériterait bien une statue)...
Belle_m_re
Il y a un peu plus d'un an je disais donc :

Pour mes 30, je me suis laissée tomber d’un avion à 240 km/h pour entrer de plain pied dans l’âge adulte. Et pour mes 31 ans, c’est le titre de belle doche qui m’est tombé dessus ! Belle mère, belle maman, belle doche, on peut bien choisir le mot qu’on voudra, ça vous file un sacré coup de vieux. Naïve que j’étais, je pensais être à l’abris pour au moins trois décennies, le temps d’avoir des filles et qu’elles aient l’âge de convoler en justes noces (de préférence avec un polytechnicien protestant). J’avais cependant oublié que, parfois, les messieurs même pas quadra qui se piquent de nous faire la cour peuvent aussi être des papas ! Et cerise sur le gâteau, le mâle en question, il est gâteux de son bébé et moi j’en suis baba. Belle maman, ça vous évoque plutôt la vioque infernale dans Cendrillon que la sémillante trentenaire à peine sortie de l’université !

 

J’ai donc découvert la merveille des merveilles il y a tout juste un an sur le quai d’une gare. Gras comme un fil de haricot avec une tête d’ange et des yeux bleus, qui se payait le culot de me donner des palpitations, tant j’étais persuadée que ses premiers mots seraient « t’as rien à me dire, t’es pas ma mère ». Parce que sinon, si j’avais eu 5 ans, j’aurais peut-être quitté le papa pour le modèle réduit !

 

Et peu à peu il a compris qu’il allait falloir partager les bisous de son père et qu’une blondasse lui avait piqué sa place dans le lit paternel. Selon lui, je suis « la meilleure copine de papa » et en plus « son amoureuse ». Il m’a demandé si je serais d’accord pour que ses petits frères viennent dans mon ventre et a expliqué à son père qu’il devrait me choisir pour cette mission. J’en reviens pas, je n’ai même pas eu besoin de le soudoyer et de lui offrir le maillot de Zidane ou des glaces Bob l’Eponge. Depuis, dans un musée de la culture scientifique, je lui ai montré une maquette d’un corps humain et nous avons joué à remettre les organes en place. Quand il a vu un fœtus et que je lui ai expliqué par où il allait sortir, il s’est exclamé « C’est trop dégueu ! ». Et quand son père lui a proposé de lui expliquer par où il allait rentrer, il a répondu « Bon, alors c’est quand qu’on fait du canoë ??? ».

 

Certains jours, il tente de me faire tourner en bourrique. Me dit qu’il ne veut pas se doucher, « alors là, pas question » et que son nutella, je lui ai étalé trop épais, que je suis une obsédée de la brosse à dents et pour manger mes fenouils il fait tout un flan ! Le père lui fait les gros yeux, le prévient qu’il devra tout avaler. Le fils arbore des airs de martyr, semble à deux doigts de vomir, me donne le sentiment de lui avoir servi une plâtrée de cafards. J’ai l’impression de persécuter un enfant. Je repense à tous ces joyeux repas que j’ai obstinément gâchés à mes parents en refusant de manger ma viande. J’ai l’impression d’être à la place de ma mère qui me parlait de tous ces petits africains qui meurent de faim dans le monde et moi qui pensais que je leur refilerais volontiers ma part s’ils trouvaient ça mangeable. Je regarde l’enfant au bord du malaise vagal face à ses légumes, je vais éclater de rire. Je ne vais pas tenir. La belle mère doit veiller à l’équilibre alimentaire des enfants qui lui ont donné ce titre, me dis-je comme une litanie pour me calmer. J’ai l’impression de jouer un rôle et je me dis, qu’à demi possédée, je vais bientôt devoir proférer des choses comme « Ah, non alors, ça suffit, tu vas me faire le plaisir de ranger tes playmobiles » ! Je pouffe dans ma serviette faisant mine de m’étouffer avec mes pousses de brocolis. Pour la belle mère acariâtre, je crois que c’est mal barré mais je m’efforce de garder un semblant de dignité, de tenir mon rang de belle doche pas trop Folcoche !

 

Même si je suis l’instigatrice de supplices aussi insoutenables que la ratatouille ou les haricots verts, il reconnaît que je ne joue « pas trop mal au foot pour une nana » et si au ski, j’ai peur sur les pistes rouges, il me rassure un brin condescendant en me promettant de m’attendre en bas de la piste bleue, « la piste pour les nénettes ».

 

Et quand parfois, quand je ne m’y attends pas et qu’il dépose un baiser sur mon bras, je me dis que je lui fabriquerais bien, son petit frère. Parce que, ça tombe bien, j’ai encore un deuxième bras !

Tout cela c'était il y a un an... Depuis :

-Je ne suis plus "la meilleure copine de papa" mais sa femme (nous reviendrons sur cette catégorie d'homme qui ne voulait PLUS JAMAIS se marier.

-il mange mes fenouils et explique à son père qu'ils mangent quand même vraiment mieux depuis qu'ils me connaissent.

-le petit frère sera une petite soeur

-et puis surtout, quand je feuillette Elle, il me dit en regardant les mannequins "elles se croivent belles mais t'es bien plus belle qu'elles!"

Que son papa en prenne de la graine !

C'est normal, j'ai changé de statut, je ne suis plus simplement la belle doche, je suis celle qui porte sa petite soeur. "Moi je trouve que t'es pas grosse !", qu'il dit !

PS si des belles doches en puissance ont des soucis et besoin d'aide, qu'elles me contactent, je leur ferai un prix...

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07 août 2007

MR PROPRE (ou les petites manies du Président)


Rendons à Cléopâtre...
Michel ne m'en voudras pas, je reprends ce texte que j'avais déposé sur son blog il y a un an.
Je le reprends car rien n'a changé ou plutôt si, les TOC de mon bien aimé  se sont aggravés. Je suis très inquiète et malheureusement, je ne suis pas docteur en psychiatrie.

Il faut dire que depuis, nous vivons ensemble et il doit lutter contre ma tendance un peu plus...bo....Bohème ? Bordélique ? Allez savoir...

En tous cas lorsque je veux lui faire plaisir, c'est simple, je fais un détour par la droguerie pour lui acheter de nouveaux produits !

Mais revenons en arrière :

LES HOMMES C'EST DES CRADOS. D'éternels grands adolescents qui laissent traîner leurs chaussettes et plein de piles d'assiettes, qui affirment que "passer l'aspirateur, c'est pas possible par une telle chaleur". Les cendriers croûlent sous les mégots, l'évier sous la vaisselle sauf si maman ou bien chérie a des talents de fée du logis.

Moi, j'ai trouvé une espèce spéciale, un spécimen intéressant, qui parfois, quand il fait du zèle, en deviendrait presque agaçant. Mon homme à moi c'est Monsieur Propre avec des cheveux. c'est ma petite tornade blanche ambulante qui frotte, astique, polit, décape, détartre, vérifie sous vos pieds, traque la moindre miette au fond du lit, bref un type qui a plein de petites manies.

medium_mr_propre

La première fois que je suis entrée chez lui, j'ai pu conserver mes chaussures mais depuis, je suis à deux doigts de devoir les enlever dans la voiture. La bordure en tissus du tapis est inviolable, défense d'y poser un escarpin et même pieds nus, c'est oas certain. Avant de s'étendre sur la canapé, il faut aussi frotter ses pieds. Depuis que je suis sa poulette, j'ai l'impression d'être une usine à miettes !

Sur le miroir de la salle de bains, il dit que je fais des tâches. De doigts, d'eye liner, de dentifrice. Et sur le lavabo, je laisse des traces d'eau. Il paraîtrait même que pour préserver le robinet, il faudrait le fermer sans le toucher avec les mains mouillées !

Mon petit chéri a également de jolis draps. Un soir, au dîner, il m'explique qu'on va les changer parce qu'ils sont trop crados. Chouette, on va mettre les violets qui lui ont coûté la peau du dos ? Non, me répond mon lapin d'amour, c'est pas leur tour. Afin d'assurer une usure régulière du linge de maison, il convient de choisir les beiges en nid d'abeille. C'est ce soir là que la soupe m'est remontée par le nez, je ne pouvais plus m'arrêter de rire et je le voyais se décomposer. Je n'arrivais plus à le regarder, j'ai vraiment cru que j'allais suffoquer ! Qu'est ce que j'ai ri, jamais une chose pareille n'aurait pu sortir de mon esprit ! Mais j'aurais dû m'en douter la première fois que je suis venue dîner. Autour de la cuisinière, tel un chirurgien expérimenté, il avait disposé un champ opératoire en sopalin au cas où une projection huileuse aurait eu l'impudence de venir s'écraser sur les carreaux...Et je ne parle pas de ce fameux matin où il est entré dans la chambre, m'a prise dans ses bras et a crié Eurêka ! Il venait de découvrir que le produit pour les toilettes pouvait permettre de blanchir les joints de la douche si on en appliquait une bonne couche. Il faut breveter, succès assuré !

Enfin, le samedi c'est grand ménage et moi, je me réfugie dehors, c'est plus sage ! L'activité peut durer des heures, mon mec est un maniaque de l'aspirateur. Il a investi dans un modèle de compétition, un qui s'incline sous le lit pour happer les moutons. Il aspire mes miettes, il aspire les livres, la table, les rideaux, les coussins, parfois même mes boules quies ! Il aspire et il transpire. Mais c'est pas fini. Pour son anniversaire, il a eu un balai magique de la part de sa mère. LA SUPER serpillère de la ménagère !

Mon maniaque à moi a trouvé son parfait complément. Je suis la reine des tas hétéroclites, des piles mal alignées, même le frigo, il dit que je ne sais pas le ranger. L'ordre excessif me tétanise et le show room est ma hantise ! J'aime le bazar artistico-sentimental mais depuis que je connais la fée du logis en pantalon, je fais des efforts pour de bon.

Et parfois pour me faire plaisir, il fait le ménage vêtu seulement de deux gants Mappa. J'ai des photos les gars, mais ça....je les garde pour moi !!!

gants_ch_ris

Et pour finir, mon cher mari, je te laisse méditer en compagnie des mots de J. K. Huysmans dans Là-bas

"C'est très bon la poussière. Outre qu'elle a un goût de très ancien biscuit et une odeur fanée de très vieux livre, elle est le velour fluide des choses, la pluie fine mais sèche qui anémie les teintes excessives et les tons bruts. Elle est aussi le pelure d'abandon, le voile d'oubli. Qui peut donc la detester ?"...

TOI : tu ne comprends rien à la poésie !

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03 août 2007

TERRA INCOGNITA (ou le Président au supermarché)

Pour certains hommes, le supermarché est un territoire hostile, une terra incognita, un machin aussi lointain dans leur esprit que la terre Adélie et aussi compliqué à leurs yeux qu'un cerveau fémininPingouin_ds_supermarche.

C'est sans doute pour cela que l'on parle avec fort peu d'élégance du panier de la ménagère de moins de 50 ans et non de l'escarcelle du chef d'entreprise presque quadragénaire. Sauf que je ne me sens pas plus ménagère que disposée à me promener avec un machin en osier sous le bras. Le ménage, c'est le boulot du Président (on en repalera...) et je préfère les sacs Hermès (et ça serait drôlement bien si l'an prochain le Père Noël s'en souvenait...).

J'ai donc été contrainte d'expliquer au Président qu'une fois par semaine, il convient de quitter son poste de commandement pour pousser le charriot à mes côtés. Le Président détestant faire les courses, je suis obligée de lui faire une liste de produits dans le même ordre que leur disposition dans le magasin, sans quoi je prendrais le risque de devoir planter une tente pour finir le we sur place. J'ai été trop laxiste au début, je le laissais déambuler hagard en lui soufflant de temps en temps d'aller chercher du lait ou de l'eau, bref des denrées aisément identifiables. Il revenait immanquablement avec trois paquets de gâteaux pur beurre aux écorces d'orange et deux autres de biscuits aux raisins secs. Mais point de lait et point d'eau.

J'ai donc tenté d'intéresser mon animal à notre projet. Le supermarché ne possédant pas de rayon informatique avec une connection en wi fi, je l'ai diligenté du côté des vins et spiritueux en lui demandant de nous ramener une ou deux bouteilles, sans plus de précision. Grave erreur, les consignes étaient beaucoup trop floues, la nature a repris le dessus, il a acheté trois bouteilles pour 150 € après 1h15 de réflexion entre Aloxe Corton et Vosne Romanée. Désormais, quand je souhaite une bouteille de vin rouge pour cuisiner, je n'oublie pas de le préciser.
L'expédition au rayon des vins est d'ailleurs une cache que le Président appréciait parce qu'il pouvait faire mine de comparer les nectars et lorsque nous les dégustions pouvait prendre l'air satisfait du chasseur ayant ramené un succulent mamouth à sa femelle restée au fond de la grotte pendant une chasse virile. En gros, cette tâche semblait le dispeser de toutes les autres.
De plus, bien à l'abris dans son rayon, il en profitait parfois pour appeler ses congénères masculins dont nous savons de source sûre qu'ils sont affublés du même handicap en un tel lieuSans_titre.

Pour garder malgré tout cet esprit ludique, je l'ai donc réexpédié au stand du traiteur italien. MAUVAISE IDEE. Il passe 1h20 à demander à la patronne si elle n'a plus de raviolis aux figues, n'envisage pas d'en avoir bientôt, lui explique qu'il aimait tellement en manger dans le restau de notre quartier livré par ce traiteur, surtout avec la sauce au foie gras, mais aussi celle au jambon et melon, et le patron du restau va bientôt changer sa carte etc etc.

Et pendant ce temps, dans une scène digne d'un dessin animé, suant à grosses gouttes, enceinte jusqu'aux yeux, je fais des allées et venues dans les allées à la recherche de denrées certes moins sexy que les tortellini ai carciofi et les melanzane alla parmigiana....

Nonobstant, parfois, le Président se met en quête de ses petits produits préférés qui font gonfler l'addition aussi sûrement que de la levure Vahiné.

Je passe sur les yahourts bio au prix intergalactique, je vous en ai déjà parlé.
Le beurre sera d'Echiré. Parce qu'il est plus doux pour le petit ventre présidentiel "ah bon il coûte le double des autres ? J'avais pas remarqué".

Le jus d'orange sera bio, en bouteille de verre parce que "c'est plus design" que le bon vieux tetrapack. Si possible avec une appellation du genre "oranges douces de Sicile".

L'eau sera EXCULSIVEMENT de Wattwiller. Parce que la cristalline agresse les musqueuses présidentielles et que la bouteille de Wattwiller, présente sur les tables des grands restaurants avec sa belle silhouette bleue et dorée est quand même bien plus design. Et là je vous arrête tout de suite, quiconque aura visité un jour le village de Wattwiller pourra vous dire qu'iil n'y a rien de moins design que ce lieu. Néanmoins, la propre belle-mère du Président n'ose plus acheter sa bonne vieille cristalline quand elle reçoit le président !

L'existence de jambon sous vide sera jugée aussi improbable que l'extra-terrestre de Roswell. Le jambon s'achètera uniquement à la coupe et si possible dans ses variantes de luxe comme le jambon de chèvre. le prix vous étonne ? Vous pensez que pour une telle somme vous venez d'achetez une chèvre entière ? Pas du tout, vous venez de gagner votre carte gold au royaume des bobos !

Le comté sera choisi Bio dans le pire des cas mais dans l'idéal il conviendra de snober le supermarché pour acheter son comté

L'achat du thé au supermarché sera proscrit. Le Lipton sera considéré comme un poison dangereux.

Les pâtes fraîches vendues sous vide ne SERONT PAS considérées comme des pâtes fraîches.

Après une si complexe expédition, le Président et sa femme rentrent chez eux, pénètrent dans la cuisine design et c'est là que commence ce qui oscille entre la scène de ménage et la farce désopilante :

LE RANGEMENT DESIGN DES PRODUITS A L4INTERIEUR DU FRIGO DESIGN.

Epuisant !

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31 juillet 2007

LA MAIN VERTE (ou comment bien faire crever vos plantes)

Certaines personnes ont la main verte...moi, j'ai la main vernie. Non pas que je sois insensible à la nature, je l'adore même ! je recycle mes déchets, je ne jette jamais rien par terre et j'utilise les transports en commun. J'adore la nature...tant qu'elle garde ses distances. Parce que lorsque nous traversons un bled paumé qui me donne envie de me pendre un charmant village et que le Président me dit "T'aimerais pas une maison ici ma chérie ?", j'ai comme des palpitations...Semis_Boliviana_detail

Mais J'aime la nature ! D'ailleurs la preuve, chez moi il y a plein de plantes. Sur la terrasse, nous avons dressé deux bambous et des jardinières où alternent du thym et du romarin. Nous avons donc un décor monochrome reposant sur un rythme binaire, une alternance parfaite entre les essences qui nous protège de la vue des passants lorsque nous prenons le petit déjeuner. D'aucun diront que ça manque de couleur et que tout ce vert, c'est, comment dire ? un peu vert ! Mais le président vous répondra qu'au moins "c'est design". D'ailleurs pour aligner les pots, il s'est emparé du mettre pour respecter un espacement idéal. On est évidemment plus proche du jardin japonais que du jardin anglais...Et puis surtout, il n'y a pas de géraniums. Or en Alsace, aux dires de certaines emm...... de nos connaissances, ce serait un sacrilège, une forme de lèse alsacianitude. "Parce que quand même, en Alsace il y a des géraniums partout sur la route des vins". Argument non retenu, la route des vins ne passe pas dans notre quartier et par la fenêtre je vois plus souvent passer des rabbins que des cigognes.

Jusqu'à présent, notre terrasse zen et millimétrée survit. Il faut dire que je ne m'en occupe pas, c'est le Président qui arrose parce qu'il est fort et musclé (chéri tu te rappelles, mon tour de doigt c'est 48!) et peut donc bien mieux soulever l'arrosoir que moi.

Le problème se corse lorsque l'on passe sur le balcon de la cuisine. Moins exposé aux regards, il semblerait qu'il passionne moins le Président. Afin de lui servir une pitance digne d'un chef, je lui avais proposé de me planter des graines de ciboulettes, de sauge, de basilic, de menthe d'aneth, de cerfeuil etc. La seule graine qui ait vraiment donné quelque chose est celle qui va naître en novembre, il faut bien le reconnaître (sur le coup le président aura donc été un brillant jardinier). Parce que pour le reste, c'est assez pitoyable, une touffe d'aneth se bat en duel avec les mauvaises herbes et trois fils de ciboulette anémique tentent valeureusement de redresser la tête. Je ne sais pas si ma fille va choisir de naître dans une rose mais en tous cas ça ne risque pas d'être dans la ciboulette... Il faut dire que sur les sachets de graine, il était écrit qu'il fallait rapidement replanter les touffes en sélectionnant les plus vigoureuses etc etc etc bref suivre un mode d'emploi de trois pages. Ce que le Président aurait dû faire "le we prochain" pendant trois mois. Et bien sûr il fallait les arroser. Sur le coup, il faut bien reconnaître que le Président n'a pas niqué Nicolas le Jardinier !semis

Alors j'entends déjà les mauvaises langues, les "T'avais qu'à le faire toi même !".

Comment osez-vous ? Alors que manipuler de la terre est interdit aux futures mères non immunisées contre la toxoplasmose !!! Juste compensation pour une maladie qui nous prive également de carpaccio et jambon cru !

Mais quoi qu'il en soit, point de fines herbes !

Il nous restait donc les plantes d'agrément. Que je fais soigneusement crever depuis des années. J'ignore si je les arrose trop ou pas assez, si je ne leur parle pas assez, si je ne leur diffuse pas la bonne musique mais tôt ou tard elles finissent toujours par avoir une tête à trop écouter Iron Maiden scotchées à un radiateur. Cela me rend infiniment triste et j'admire honteusement les appartements envahis de verdure de mes amis.

Vous me direz que je pourrais me mettre aux fleurs séchées...J'ai tenté de conserver deux roses de mon bouquet de mariée (voir photo page précédente...) et même elles, j'ai réussi à les faire pourrir...

Ma disgrâce a pourtant des avantages.

Quand mes amis partent en vacances, ils ne me demandent JA-MAIS de passer faire crever arroser leurs plantes.

Le Président va sûrement se sentir obligé de m'offrir un joli bouquet de fleurs coupées ce week end , hein chéri ?
merci_ch_ri__

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26 juillet 2007

SAINT GALLIANO PRIEZ POUR NOUS (ou la complainte des victimes pas très fashion)

S'il est un sujet que les magazines féminins n'abordent jamais et laissent bien volontiers aux revues spécialisées (entre un article sur l'huile de massage pour le périnée et la poussette Peg Perego), c'est bien celui de l'élégance de la parturiente.

DSC00019

Sous prétexte qu'on porte la vie on devrait forcément rayonner de bonheur 24 heures sur 24, se réjouir des insomnies, des nausées, de l'essoufflement, de tout ce gras qui menace et d'apprendre à faire le petit chien pour le grand jour.

Et pour nous aider à rayonner dans notre phase dilatée, on nous propose la tenue adéquate. On dit que l'habit ne fait pas le moine mais il semblerait qu'il puisse faire la femme enceinte. Parce que la femme enceinte est une catégorie spéciale, qui n'a rien à voir avec les femmes en général alors que ce sont pourtant bien elles qui un jour ou l'autre seront enceintes. La femme enceinte a deux amis des plus seyants : la salopette et la tunique. Avant d'entrer dans la catégorie des bidons en expansion, on croyait naïvement que la salopette était réservée aux 2-8 ans avec option trous aux genoux et traces de peinture. Quant à la tunique, elle apparaissait comme un reliquat des années 70. Bref, pas concernées, on était ! Alors on peut résister farouchement, s'opposer à cette volonté d'enfouir son ventre dans un machin informe qui à coup sûr vous donnera l'impression d'être aussi sexy qu'un bibendum. Adieu salopes et bonjour la salopette. Pourquoi pas directement la burka, la bâche marronnasse ou le drap housse ?

Mais j'exagère. Il y a aussi de ravissants pantalons. A choisir : la version plastron extensible sur feu l'emplacement des abdominaux (ce qui donne le sentiment de porter l'équivalent d'une prothèse orthopédique en terme de sex appeal) ou la version à élastique réglable à l'intérieur comme pour les vêtements d'enfants, avec en plus deux affreuses bandes stretch sur les côtés qui vous obligent, si vous souhaitez les cacher, à porter la foutue tunique sus-citée !

Il y a aussi la fameuse robe de grossesse. Vous aimiez les robes noires, prunes ou chocolat ? Ne rêvez pas, on vous offrira du doux, du sirupeux, du rose tendre, du bleu pâle et surtout de la fleurette. On cherchera à draper votre maternité triomphante dans une sorte de robe à smocks qui semble avoir été dessinée pour une fillette de 5 ans puis agrandie taille pachyderme.

Parce que désormais vous fréquentez le rayon layette, votre propre garde robe se trouve contaminée par les mêmes tendances. En gros (façon de parler) vous pouvez choisir entre le boudin ou la tarte. Bon appétit...

Aigrie, moi ? Pas du tout, j'ai pas fini. A côté de certains désagréments, la future maman a souvent le plaisir de voir sa maigrelette poitrine virer au plantureux. Du haut de votre 85 A vous rêviez depuis des années aux voluptueux sous-vêtements conçus pour la gorge à l'italienne. Erreur, vous n'aviez pas encore croisé le soutien gorge de grossesse. Qui sera blanc 9 fois sur 10, affriolant comme celui d'une veuve octogénaire et mettra clairement en avant son rôle de soutien quand il aurait pu servir d'appât. Par pudeur nous tairons le métrage de tissu nécessaire pour bâtir la culotte de grossesse qui monte jusqu'au dessus du nombril et qui semble une lointaine cousine de la ceinture de chasteté médiévale. Mais j'exagère ! depuis peu est apparu le string de grossesse. Blanc. En coton. Une sorte d'anti Aubade dont l'image ne risquerait pas de provoquer de carambolage !

Un peu de patience me direz vous, dans quatre mois ce sera fini. Que nenni ! Dans 4 mois, nous testerons une nouvelle gamme non moins pimpante :

les vêtements d'allaitement !

Si John Galliano veut tenter quelque chose et qu'il a besoin de moi pour tester de nouveaux produits, je suis disponible jusqu'en novembre !

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24 juillet 2007

LE YAHOURT A LA POUDRE DE DIAMANT ou le lactobacillus bulgaricus de luxe

Tout le monde le sait, la  place dévolue aux yahourts dans les supermarchés ne cesse de croître. Il y a une trentaine d'années, on trouvait des yahourts natures, des yahourts dégueu de la cantine aromatisés aux fruits, des crèmes dessert pour lesquelles on était tous supposés se lever pour se sauver ? et des yahourts mousseux qui portaient le nom d'un célèbre château et ont désormais totalement disparu du paysageyahourt.

Si vous n'étiez pas satisfaits, restait à offrir à môman, une belle yahourtière pour la fête des mères. Votre génitrice se retenant pour ne pas vous la flanquer dans la figure, ravie, s'empressait de vous concocter 6 yahourts flotteux à partir d'un yahourt industriel. Ce qui donnait donc du yahourt industriel dilué. Et avec en prime une affreuse yahourtière en plastique bleu et blanc pour décorer votre cuisine (au moins, les colliers de nouilles ignobles que vous offriez à maman sans l'aide de papa avaient le mérite de ne pas prendre de place).

Mais aujourd'hui, grâce à de brillants chercheurs, on vous rajoute dans vos yahourts non seulement des molécules de parfums exotiques comme le fruit de la passion ou l'ananas mais on vous propose également de goûter à des yahourts façon tarte aux pommes, façon crumble et autre délices lactés ressemblant singulièrement à du vomi de chat. Et puisque la dernière tendance est de faire ressembler les yahourts à ce qu'ils ne sont pas, à quand le yahourt façon brandade de morue ou petit salé aux lentilles ?

On nous affirme également "avec des vrais morceaux de fruits". Nous serons donc contents d'apprendre que depuis des décennies, nous mangions bien de faux morceaux de fruits. On comprend mieux alors l'aspect spongieux de ces choses roses qu'on voulait nous faire passer pour des fraises.

On nous a également promis que ce que le yahourt fait à l'intérieur se voit à l'extérieur. On nous racontait alors que le yahourt en question s'appelait bio. Malheureusement le dit yahourt n'avait rien de bio, il a donc été débaptisé pour devenir Activia. Lors de ce changement, je croisais régulièrement des petites mamies à la superette du coin qui, désemparées, erraient dans les rayons à la recherche de leurs "bio" et refusaient de me croire quand je leur disais que bio et activia c'était pareil.

Le président et moi avons résolu le problème. Plutôt que de passer trois heures dans le rayon yahourt à nous demander si nous préférions le yahourt avec vrai faux morceaux de tarte ou celui qu'on peut utiliser comme crème de jour, nous snobons ce rayon qui à lui seul résume toute notre société de consommation.

En bons bobos nous nous rendons dans le rayon bio (le vrai) pour acheter des yahourts faits avec des vrais vaches et des vrais morceaux de vrais fruits dans des vrais pots en vrai verre. Certifiées AB, ces petites choses ne s'appellent plus "yahourt" (bien trop banal pour nous !) mais spécialité laitière à base de diverses souces lactiques spécifiques. Quant à la préparation aux fruits qui repose au fond du pot, elle est mêlée à du sirop de blé. Et contrairement à ce que l'on peut trouver dans le rayon industriel, il y a ici des yahourts de saison, c'est à dire avec des fruits de saison.

Évaluons maintenant les avantages et inconvénients de notre démarche. Avantage : ces yahourts ont un goût incomparable. Inconvénient : quand un non initié vous propose un yahourt industriel, vous le regardez comme s'il voulait vous empoisonner avec son truc tout pourri. Avantage mentionné par le président, "les pots en verre c'est quand même plus design dans le frigo" (argument qui n'est pas encore monté au cerveau des producteurs de yahourts industriels, ni d'ailleurs à celui des rédacteurs de revue de déco qui mettent rarement en avant la pureté de la ligne du pot de yahourt). Inconvénient : vous ne pouvez pas balancer le pot en verre à la poubelle et il vous faut donc aller régulièrement au recylclage sous peine de vous voir retirer votre licence de bobo. Avantage : la tête de la caissière voyant défiler les 12 pots de verre vendus à l'unité est toujours assez divertissante (nous ne devons pas être si nombreux puisqu'à chaque visite nous vidons le stock). Inconvénients : un yahourts coûte le prix d'un pack de 4 yahourts de la marque la plus chère des yahourts industriels. Mais selon la célèbre maxime du président quand on le lâche en terrain hostile au supermarché "euh je savais pas lequel prendre alors j'ai pris le plus cher, je me suis dit que ça serait bon"

Le Président est rentré un jour très étonné après avoir entendu ses collaborateurs comparer le prix des yahourts. Bien sûr, il n'a pas osé mentionner les yahourts à la poudre de diamant...

A mon humble avis, c'est pour ça qu'on roule dans une voiture qui ressemble à un apéricube et pas dans une jolie BMW Z4...


La semaine prochaine, nous apprendrons au président à faire des économies !

En attendant, pour tout savoir sur ce produit : www.leyahourt.com

ps : si danone veut nous donner des yahourts à tester pour convaincre une cible récalcitrante, nous sommes libres tout l'été !


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21 juillet 2007

MERCI LES AMIS

http://fabricemichel.net/2007/07/21/bon-anniv-copine.aspx

je trinque à distance au jus de framboise avec mes amis !

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SUPER SIZE ME

Qui aura vu ce film documentaire sera définitivement dégoûté du Big Mac et du soda marronnasse dont il existe des versions locales assez divertissantes comme l'Elsass Cola ou le Corsica Cola.

Pour ma part, je fréquentais déjà aussi peu souvent les fast food que les concerts de Franck Mickaël (inoubliable interprète de N'avoue jamais et idole des nonagénaires).

Car chez nous, en bons bobos trentenaires, nous mangeons bio, nous mangeons équilibré et je vous parlerai prochainement de ces yahourts qui coûtent le prix d'une vache. La grande cuisine est incontestablement un art, un plaisir raffiné qui peut troubler autant qu'une fresque médiévale (notons cependant que la fresque médiévale est particulièrement diététique, elle n'a jamais fait grossir personne).

Puisqu'aujourd'hui c'est la fête nationale belge c'est mon anniversaire, que j'entre dans un âge christique, je voulais vous faire partager le menu de mon repas de l'année dernière. Le Président m'avait emmenée au fin fond de la Lorraine, dans un lieu improbable au milieu des champs, pour me faire partager le déjeuner le plus délicat de ma vie. Jouant les mystérieux, il m'avait simplement suggeré de mettre une robe et de monter dans la voiture. Au bout d'une heure de route, très satisfait et l'oeil langoureux il m'a demandé si je savais où nous nous trouvions.

Bien sûr, ai-je répondu, je l'ai écrit sur un papier glissé dans mon sac, regarde et dis moi si j'ai raison. Ah les femmes, difficile de les piéger !

Voici le menu,

Carpaccio de veau, miel à la truffe blanche, feta et granny smith

Gnocchi de pommes de terre soufflé, raviole de truffe, homard et son jus

Grillade de foie gras de canard, amaretto, trait de pommes de terre à l'huile d'amandon de pruneaux

Dorade à la plancha, tartare vert, crème de yahourt et tapenade

Explosion de foie gras en bouillon

Jus de choux rouge, crème glacée à la moutarde

poitrine de pigeon rôtie, compotée de rhubarbe, écrasé de ratte, jus réduit au romarin

Capuccino de carotte et cardamome

Invitation à la découverte

Petites gâteries de fin de repas

Le chef s'appelle Jean-Georges Klein et son restaurant l'Arnsbourg, à Baerenthal, est bien plus qu'un établissement possédant trois étoiles au Michelin, c'est une expérience artistique, à renouveler d'urgence !

www.arnsbourg.com

Mais cette année je n'ai besoin de rien, quel plus beau cadeau pourrait-on m'offrir que le coeur de cette petite fille qui bat en moi ?

Euh...des boucles d'oreilles ?

Ps Si M. Klein veut récompenser cette publicité gratuite par un dîner pour le Président et moi, nous sommes libres tout l'été !

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19 juillet 2007

"Je vais tous les niquer !" ou le safe sex dans le monde de l'entreprise

Certes, je vous le concède, commencer de la sorte est audacieux ! Si ma grand
mère me lisait elle en ferait sans aucun doute un triple lutz dans sa tombe.
Mais je ne parle pas de moi, NON ! Je parle du Président. NON!!! Pas celui qui
ondule des épaules et qui vient de démenager de Neuilly pour une adresse plus
centrale...Je parle de mon Président à moi, enfin le leur, parce que j'ai beau
être blonde et aimer les jolies chaussures, je n'ai aucune vocation à être
secrétaire.
Je parle de mon mari :

Président-de-sa-société-futur-maître-du-monde-
tu-verras-ma-chérie-je-vais-tous-les-niquer!

Lapin, pour les intimes !

Qui veut tous les niquer.

Tout ceci pour vous expliquer comment un homme ambitieux pratique la méthode
Coué. Un chef d'entreprise se doit de savoir motiver ses troupes, il enchaîne
les réunions, écoute les jérémiades, remotive, félicite, galvanise, embobine,
bref, passe son temps à expliquer pourquoi on est les meilleurs et pourquoi on
va tous les niquer.

Selon lui, je serais à ranger dans la catégorie des jalouses maladives (ce que
je nie avec véhémence, il n'y a qu'à voir le sort réservé au lapin par Glenn Close dans Liaison
fatale, mon lapin, lui n'est pas encore passé à la casserole au sens propre, que
je sache
).
Donc étant peut être vaguement jalouse, la première fois que je l'ai entendu
dire "je vais tous les niquer" alors qu'il était environ 5h45 (oui du matin, car
le Président se couche avec les poules se lève tôt), le cheveu en bataille, et
l'oeil auréolé d'eye liner fondu, j'ai marmonné inquiète "mais tu veux niquer
qui ?"

Avec le temps, j'ai compris que ce "tous" ne représentait personne en
particulier, pas plus la grosse blonde de la société suisse, que la grande brune
à cuissarde de l'entreprise parisienne, ni même le vieux scientifique de la
boîte d'à côté, non, ce "je vais tous les niquer" est simplement un synonyme de
"alors qui c'est qui a le plus gros zizi ?" ou encore "c'est moi le plus fort".
En un mot comme en cent, juché sur la proue du Titanic, Leonardo di Caprio
aurait pu crier "Je vais tous les niquer" plutôt que "I'm the King of the
World". ça aurait voulu dire la même chose, mais ça aurait été moins poétique et
peut-être un poil anachronique pour le début du XXe siècle.

Un peu choquée au début par ce discours agressif, je me suis habituée à entendre
le Président dire sous la douche "je vais tous les niquer" (les canards en
plastique ?), après l'amour "je vais tous les niquer" (quelle santé !) sur la
plage "je vais tous les niquer" (que de monde !) etc etc.

Désormais même ses collaborateurs sont au courant, c'est devenu une sorte de
jeu.

ceci dit pourquoi s'étonner, quand on se fait appeler Lapin dans l'intimité, on
est forcément intéressé par cette activité. Je ne sais pas s'il va tous les
niquer, moi je m'en fous pas mal mais si son bonheur est là....

Il n'y a qu'une chose qui m'inquiète, c'est que j'ai lu l'autre jour dans Elle
ou Cosmo
un journal très sérieux qu'un autre président avait souvent prononcé
cette même phrase avant de s'installer à l'Elysée (et à voir sa mine réjouie le
14 juillet, tout porte à croire qu'en lui même il pensait "je les ai bien
niqués!!!"
).

Et alors s'il doit y avoir des analogies avec cette personne, quelqu'un
pourrait-il m'expliquer pourquoi, en ma qualité de femme de Président, moi,
contrairement à Cécilia S., je n'ai pas encore de robe Prada ??

Je crois que sur ce coup là, je me suis bien fait niquer !!

(avec toutes mes excuses pour la vulgarité de cette chronique inaugurale).

Posté par Dr Stone à 09:58 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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